Par: Gokul Rajan

Oui! Timothy Ray Brown est guéri du virus de l’immunodéficience humaine, mieux connu sous le nom de VIH. Il s’agit du premier et du seul cas de guérison de ce rétrovirus signalé dans l’histoire médicale.

Timothy a été diagnostiqué positif du VIH en 1995 et a subi en 2007 un traitement pour la leucémie et le VIH à l’hôpital de Berlin. En raison du lieu et du succès du traitement, il est devenu par la suite connu sous le nom de « patient de Berlin » parmi la communauté scientifique et médicale.

Le savais-tu? Les docteurs Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi ont partagé la moitié du prix Nobel de médecine ou physiologie 2008 pour la découverte du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en 1983.

Le VIH est un virus qui peut attaquer les globules blancs, compromettant ainsi le système immunitaire et augmentant la vulnérabilité à d’autres infections et cancers, phénomène qu’on appelle syndrome de l’immunodéficience acquise, ou plus couramment SIDA. Le VIH est connu comme « l’évolution ultime », parce qu’il peut subir des mutations extrêmement rapides et devenir résistant aux traitements par médicaments. Par ailleurs, le virus peut être transmis simplement par les fluides corporels d’un hôte infecté. Ces caractéristiques font que le virus est difficile à contrôler.

Ironiquement, une méthode par laquelle le VIH peut être combattu est la mutation humaine. Tandis que certaines mutations de notre code génétique (ADN) peuvent être mortelles, d’autres nous ont permis de nous « adapter » à notre environnement et à surmonter des états pathologiques.

Le savais-tu? Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 33,3 millions de personnes partout dans le monde vivaient avec le VIH/SIDA en 2009.

Savais-tu que 1 % d’Européens peuvent être résistants à la souche la plus commune du VIH? Généralement, le VIH est en mesure de s’attacher par lui-même à un type spécifique de protéine trouvée sur la surface des cellules sanguines. Cependant, 1 % d’Européens ont une mutation génique (Delta 32) qui fait que ces protéines n’ont pas le récepteur (CCR5) qui permet au VIH de s’attacher par lui-même à la protéine. Cela protège les gens du VIH. Pourquoi donc la « survie du plus fort » n’a-t-elle pas abouti à la mutation génétique chez un plus grand nombre de personnes? C’est peut-être parce que les personnes porteuses de cette mutation risquent plus d’attraper le virus du Nil occidental.

Le savais-tu? En Europe du Nord, environ 10 % de la population porte au moins une copie (allèle) du gène muté CCR5 (connu pour conférer la résistance contre le VIH).

Timothy Brown a été traité pour le VIH et la leucémie par le docteur Gero Hutter, un hématologiste allemand, qui a effectué une greffe de moelle osseuse provenant d’un patient ayant la mutation Delta 32. Par conséquent, tous les globules blancs produits après la greffe n’avaient pas le récepteur CCR5 sur la surface des membranes cellulaires, ce qui empêchait la fixation du VIH-1. Les médecins ont signalé que la méthodologie de ce traitement était un « traitement fonctionnel », parce que tout le VIH du corps de Timothy aurait été éliminé, mais il est encore trop tôt pour conclure s’il s’agit d’une cure définitive. Bien qu’il s’agisse d’un début prometteur, ce traitement doit encore être testé sur d’autres sujets, et il y a encore des possibilités de réapparition de la maladie.

Par ailleurs, subir une greffe de moelle osseuse est coûteux, et trouver un donateur (et en particulier un donateur qui a la mutation CCR5 Delta 32) s’avère être une tâche difficile. À l’avenir, les cellules souches conçues génétiquement et résistantes à différentes souches du VIH pourront peut-être servir à un traitement, mais pour le moment la meilleure méthode de faire face au virus est la prévention.

Article publié pour la première fois le 18 août 2011

Un auteur de CC

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