Sylvie Giroux - coordonnatrice de recherche-CHU de Québec

Coordonnatrice de recherche, CHU de Québec –Université Laval

Je suis né/j’ai grandi à : Montréal, Québec, Canada

J’habite désormais : Québec, Québec, Canada

J’ai complété ma formation ou mes études à : Université de Montréal (baccalauréat et doctorat en biochimie)

Décrivez votre travail.

J’ai commencé mes études supérieures en travaillant avec l’ADN de bactérie. Aujourd’hui, je travaille encore avec de l’ADN, mais maintenant il est de source humaine. Cette molécule fascinante m’est donc très familière et je connais assez bien les multiples façons de l’étudier.

Au travail, chaque journée est différente. Selon la période de l’année, l’équipe peut être en mise au point, en demande de subvention ou en rédaction de papier après avoir réuni et analysé des résultats.

Même si je travaille dans le domaine scientifique, j’ai quand même besoin de maîtriser le français. Une bonne connaissance de l’anglais est également essentielle pour effectuer des tâches quotidiennes. Nous travaillions en français, mais tous les documents, les articles scientifiques et les livrets d’instruction pour les instruments sont rédigés en anglais.

Aussi, il faut être à l’aise avec l’ordinateur. Je dois régulièrement naviguer sur les différents réseaux pour chercher de l’information, des solutions à des problèmes ou de nouveaux produits plus performants ou plus économiques.

J’utilise régulièrement la règle de trois pour calculer des proportions pour des mélanges que veux préparer. Je calcule des molarités, je convertis des nanomoles en picogrammes, je compte les molécules, etc.

Il faut être ouvert et savoir rester calme devant l’inattendu pour être capable de trouver une solution lumineuse devant l’imprévu. Devant un bris d’instruments, je dois rechercher une solution rapide pour éviter de perdre des produits et de l’argent. Je dois souvent prendre des décisions, mais en général je consulte tous les membres de l’équipe d’abord. Au fil du temps, chaque membre d’une équipe acquiert une expertise qui lui est propre. Ainsi, chacun contribue différemment.

Autre capacité essentielle à mon travail : savoir planifier! Très souvent, nous travaillons avec des dates fixes pour fin des travaux. Il faut savoir évaluer le temps nécessaire à chaque étape et bien organiser le travail afin que tout puisse se réaliser dans les temps prescrits. Il faut aussi savoir planifier le matériel nécessaire pour ne manquer de rien. Et il faut bien gérer le budget afin de pouvoir acheter tous les produits nécessaires pour compléter un projet.

J’aimais les domaines suivants :

Quelle est l’incidence de votre travail sur la vie des gens?

Mon équipe développe des tests génétiques qui seront utilisés pour tester des individus. Donc toute la population du Québec pourra en tirer profit. Notre rigueur fait en sorte que les tests seront sûrs et économiques et j’en suis fière.

Au sein de l’équipe, je suis la personne qui a le plus d’expertise dans le domaine de la biologie moléculaire. Donc, tous mes collègues me consultent et comptent sur moi pour expliquer des détails techniques qui pourraient leur échapper.

Quels sont les aspects de votre carrière qui vous motivent?

Ce que j’apprécie le plus est l’absence de répétition. Il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre et à maîtriser. J’adore obtenir de bons résultats quand on a travaillé sur la mise au point d’une méthode, ou encore élucider la raison pour laquelle une expérience a échoué. Semblable à un travail d’enquêteur!

J’aime aussi quand une revue accepte de publier un de nos papiers et quand on accepte de subventionner un de nos projets.

Le refus est aussi source de frustration et de déception et il faut s’y préparer. Toutefois, le travail de laboratoire en recherche est tellement stimulant et non routinier, que ces aspects négatifs sont vite compensés par les bons côtés.

Je me serais décrite comme une personne qui :

Décrivez votre cheminement de carrière.

J’ai erré quelques années avant d’y voir clair. J’ai étudié l’espagnol et j’ai travaillé en Espagne quelque temps avant de faire des études en nutrition. À l’époque, ce dernier domaine m’a déçu, mais il a beaucoup évolué depuis. Enfin, j’ai développé un intérêt pour la biochimie et j’ai travaillé fort pour me faire une place dans le domaine.

J’ai rencontré mon futur mari à l’université. Il faisait son doctorat et j’ai suivi son exemple, même si je ne prévoyais pas faire un doctorat au départ. Tout s’est très bien déroulé : j’avais une très bonne entente avec mon directeur et il m’a beaucoup soutenue et encouragée.

J’ai rencontré des difficultés quand j’ai décidé de faire des études postdoctorales au Québec, où mon conjoint poursuivait ses recherches, au lieu d’aller dans un laboratoire américain. Dans le laboratoire québécois, j’ai eu des difficultés avec le directeur, les autres membres de l’équipe et le projet de recherche. Ce fut un échec sur toute la ligne.

Finalement, j’ai changé de laboratoire tout en restant dans le même institut. J’ai eu un meilleur encadrement, j’ai travaillé sur de meilleurs projets et j’ai appris plein de nouvelles choses. Et j’ai terminé mes études postdoctorales avec des publications dont j’étais fière. Par la suite, j’ai rejoint un autre groupe de recherche dans un autre centre. Je suis là depuis 20 ans et je suis très contente.

Quelles activités aimez-vous faire en dehors du travail?

J’aime jouer dehors. L’hiver, je skie et je fais de la raquette ou de la randonnée pédestre. L’été, je fais beaucoup de vélo. Pendant plus de 15 ans, j’ai voyagé à vélo de la maison au travail tous les jours, été comme hiver. Je ne le fais plus, car j’ai déménagé à la campagne. Mais je compte m’y remettre cet été grâce à l’achat d’un vélo électrique! J’aime lire des romans le soir.

Quels conseils ou mots d’encouragement adresseriez-vous aux personnes qui souhaitent entreprendre une carrière semblable à la vôtre?

Toujours étudier ce qui te plait, t’anime et te passionne. Ne pas choisir en fonction d’un emploi spécifique. Tout évolue dans le temps; nous et l’environnement. Alors, on ne peut prévoir ce qu’il en sera dans 10 ans. Donc, reste fidèle à toi-même en suivant tes goûts et tes préférences.

Bien sûr, en faisant cela il faut aussi faire de son mieux et ne pas se contenter d’un « je passe c’est correct ». Aussi il faut continuellement s’améliorer en se mettant à jour pour ne pas s’encroûter, car les méthodes évoluent très vite.

Un auteur de CC

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