MARGARITA MARINOVA - Ingénieure principale de développement, projet de colonisation de Mars, SpaceX

Un auteur de CC
2 octobre 2017

Ingénieure principale de développement, projet de colonisation de Mars, SpaceX

Je suis né/j’ai grandi à : Je suis née à Sofia, en Bulgarie. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de dix ans avant de suivre ma famille à Vienne, en Autriche, où nous sommes restés pendant un an, pour ensuite aller demeurer à Toronto, en Ontario, au Canada, pendant sept ans, le temps que je finisse mon secondaire.

J’habite désormais : Je vis actuellement à Los Angeles, en Californie, aux États-Unis.

J’ai complété ma formation ou mes études à : J’ai d’abord fréquenté la Northern Secondary School à Toronto. Je suis ensuite allée à l’Institut de technologie du Massachusetts (Massachusetts Institute of Technology, ou MIT en anglais) à Cambridge, aux États-Unis, pour étudier le génie aérospatial, puis j’ai obtenu ma maîtrise et mon doctorat en sciences planétaires de l’Institut de technologie de la Californie (California Institute of Technology, ou Caltech en anglais) à Los Angeles, aussi aux États-Unis.

Décrivez votre travail.

Un des aspects de mon travail que j’aime le plus est la variété de choses qu’il me permet de faire! Cela est probablement le cas pour de nombreux emplois, mais nous ne le réalisons pas souvent. De mon côté, j’ai le privilège de réfléchir de manière générale à la colonisation de Mars, de concevoir des systèmes de propulsion avec mon équipe, de planifier les opérations, de tirer des leçons de ce qui a déjà été réalisé et d’interagir avec beaucoup de gens en cours de route. Ce large éventail d’activités correspond parfaitement à ma formation et à mes intérêts étendus : de l’essai de tuyères de moteur-fusée en Allemagne à l’étude d’environnements rigoureux comme l’Antarctique et la surface martienne, en passant par la mise au point d’engins réutilisables.

J’ai toujours aimé envisager plusieurs problèmes à la fois depuis chacun de leurs angles. Ça me permet d’acquérir une meilleure perspective et de contribuer à la recherche de solutions novatrices. Ayant beaucoup étudié en mathématiques et en sciences, et ayant acquis beaucoup d’expérience pratique, je sais au moins par où commencer quand j’aborde les cas difficiles, ce qui constitue à plusieurs égards la partie la plus ardue du processus. En plus de miser sur mes connaissances, j’estime qu’il est très important d’écouter attentivement les gens autour de moi et de lire les articles qui ont été publiés sur le sujet qui m’intéresse. C’est la meilleure façon d’apprendre, mais aussi de concevoir et de fabriquer les meilleurs systèmes. Je crois qu’au sein d’un groupe de travail, l’écoute est bien plus efficace que la parole, et quand on construit une fusée, rien n’est plus nécessaire que le travail d’équipe!

J’aimais les domaines suivants :

Quelle est l’incidence de votre travail sur la vie des gens?

Je pense qu’un travail peut influencer les gens en améliorant leur qualité de vie tout en les inspirant. Les êtres humains ont besoin des deux. Le projet d’aller sur Mars a eu des retombées favorables, puisque nous avons ainsi développé des méthodes pour lancer des satellites autour de la Terre à moindre coût (pour prévoir les sécheresses et les ouragans, par exemple) et mis au point d’autres technologies novatrices (le GPS, ça vous dit quelque chose?). Ce projet nous fait aussi rêver depuis des générations à ce qui peut se produire quand le monde entier travaille ensemble pour résoudre un problème aussi difficile que merveilleux.

Quels sont les aspects de votre carrière qui vous motivent?

Quand j’étais petite, je voulais toujours aller regarder les étoiles, non pas pour mémoriser les constellations, mais bien pour rêver à me trouver parmi elles, là-haut dans le ciel. Ce rêve a pris de l’ampleur quand mes parents m’ont parlé d’une rencontre avec Yuri Gagarin, la première personne dans l’espace. J’étais fascinée! C’est merveilleux de constater à quel point ce désir d’explorer et de tenter de comprendre ce que serait la vie dans un monde étrange et différent a continué de m’habiter. Ce même désir m’a poussée à étudier les environnements extrêmes sur Terre et à construire des fusées qui pourraient nous emmener sur Mars. Pour moi, le fait de contribuer à ces découvertes et d’apprendre des choses jusqu’alors inconnues est profondément satisfaisant. Je me souviens du temps où je faisais plus de recherche scientifique; il m’arrivait de travailler tard et de soudain réaliser que je venais de comprendre quelque chose que personne d’autre au monde n’avait peut-être saisi. Il s’agissait parfois d’un détail, mais je trouvais que c’était incroyablement génial de détenir un élément d’information susceptible d’enrichir les connaissances de l’humanité tout entière!

Je me serais décrite comme une personne qui :

Décrivez votre cheminement de carrière.

Étonnamment, ce que je fais aujourd’hui ressemble beaucoup à ce que je visais au secondaire : une combinaison de sciences et d’ingénierie pour nous aider à comprendre Mars et à y envoyer des gens. À l’école, on me disait que je devrais envisager d’autres avenues, mais j’étais vraiment décidée! Maintenant, je réalise que ce que certains prenaient pour de l’entêtement était en réalité le moteur dont j’avais besoin pour poursuivre mon objectif malgré les difficultés, et pour finalement l’atteindre. Selon moi, l’autre ingrédient clé est que je ne suis jamais vraiment sortie de l’enfance; j’ai toujours cherché à comprendre le pourquoi des choses, et à vouloir en apprendre et en faire davantage. Qu’il s’agisse de mélanger des couleurs pour confirmer que le jaune et le bleu produisent bel et bien du vert, de faire des expériences scientifiques ou de lire (et de tenter de comprendre) des articles de la bibliothèque universitaire, je refusais de laisser les choses simplement exister — il fallait toujours que je comprenne comment elles fonctionnaient. Ce besoin m’a entraînée dans toutes sortes d’expériences, de lectures, de programmes coopératifs, de conférences et d’emplois d’été en sciences.

Ça n’a pas toujours été de tout repos! Les problèmes que je préférais étaient ceux que je n’arrivais pas à résoudre, parce que mes efforts me permettaient d’apprendre des choses vraiment géniales. Quand des obstacles hors de notre contrôle nous barrent la route, je crois qu’il faut nous concentrer sur l’essentiel et faire preuve de créativité pour emprunter une des nombreuses autres voies qui mènent à notre objectif. Mais si les obstacles en question sont des gens qui doutent de notre réussite ou qui ne nous soutiennent pas, je pense qu’il est préférable de trouver des personnes encourageantes qui sauront reconnaître notre passion.

Quelles activités aimez-vous faire en dehors du travail?

Je suis toujours occupée dans mes temps libres! J’adore être au grand air — camper ou faire de la randonnée pédestre, de la planche à bras ou du patin à roues alignées! J’aime aussi lire, voir des amis, danser la salsa, piloter des hélicoptères et bouger. J’ai aussi commencé à apprendre l’espagnol!

Quels conseils ou mots d’encouragement adresseriez-vous aux personnes qui souhaitent entreprendre une carrière semblable à la vôtre?

Visez les domaines où vous êtes le plus heureux. En effet, la passion est un puissant moteur de réussite. Faites ce que vous voulez vraiment faire au lieu de prendre au mot ceux qui cherchent à vous orienter vers le « meilleur parcours » — des « meilleurs parcours », il y en a beaucoup! Faites aussi beaucoup de mathématiques; elles vous permettront de vous démarquer dans tous les domaines, qu’il s’agisse d’ingénierie, de biologie ou d’arts.

Parlons sciences reconnaît l’apport de Margarita Marinova et la remercie pour sa participation à l’initiative Canada 2067.

Un auteur de CC

Note biographique non disponible.