Kona Williams - pathologiste judiciaire

Un auteur de CC
20 octobre 2017

Kona Williams

Pathologiste judiciaire, Service de médecine légale de l’Ontario

Je suis né/j’ai grandi à : Je suis née à Ottawa, en Ontario, mais j’ai grandi un peu partout au pays.

L’endroit où je vis maintenant : Je suis de retour en Ontario, cette fois à Toronto.

Les endroits où j’ai étudié/reçu une formation : J’ai obtenu un baccalauréat ès sciences (avec distinction) à l’Université Dalhousie, mon diplôme en médecine à l’Université d’Ottawa, puis je me suis spécialisée en anatomie pathologique (FRCPC), toujours à l’Université d’Ottawa. J’ai ensuite fait une spécialisation en pathologie judiciaire (FRCPC), cette fois à l’Université de Toronto.

Décrivez votre travail.

Chaque jour est différent. Il y a des jours où je réalise des examens post mortem (des autopsies) à la morgue, et d’autres, où j’enseigne à l’université; j’agis aussi comme témoin expert devant les tribunaux. Et il y a des jours où je travaille sur mes nombreux projets de recherche. Mais toujours, je consolide mon rôle d’agent de liaison avec les Premières Nations au Service de médecine légale de l’Ontario. J’utilise ma capacité d’observation au quotidien, avec le recours à des appareils médicaux de très haute technicité comme le tomodensitomètre, l’imageur par résonance magnétique et tous les instruments d’un gigantesque laboratoire moléculaire. Je prends quotidiennement des décisions qui peuvent avoir de très lourdes conséquences. Par exemple, si je découvre les preuves d’un homicide, quelqu’un pourrait très probablement se retrouver en prison. Je dois donc être absolument sûre de mes conclusions et me fier à mes connaissances, le tout afin de protéger le public.

Ma formation scientifique me permet d’analyser tous les faits entourant chaque cas, et de tirer les bonnes conclusions en ce qui concerne la cause de chaque décès. Je travaille aux côtés de collègues pathologistes judiciaires, d’anthropologues judiciaires, d’odontologistes, d’entomologistes, d’assistants en anatomopathologie, de techniciens en services judiciaires, de techniciens en radiologie, d’agents de police, d’avocats et de professionnels de la santé variés. Je suis appelée à interagir avec tous ces intervenants et à faire appel à leurs connaissances particulières pour faire mon travail correctement. Je me spécialise dans une seule langue, la langue de la médecine!

J’aimais les domaines suivants :

Quelle est l’incidence de votre travail sur la vie des gens?

Bien que mes patients soient décédés, les conclusions de mes analyses peuvent avoir de réelles conséquences sur les gens toujours en vie. Je fournis des réponses aux familles en deuil, au public, et au système judiciaire. Aussi, avec les progrès réalisés en autopsie moléculaire, les affections génétiques que nous découvrons parfois au moment de l’autopsie peuvent se traduire en information cruciale pour les membres de la famille en deuil, information qui peut même sauver la vie des gens.

Quels sont les aspects de votre carrière qui vous motivent?

Toutes mes journées sont différentes. J’apprends de nouvelles choses tous les jours. Comprendre ce qui a causé la mort d’une personne est difficile, mais fascinant. Être la toute première personne à découvrir la façon dont une personne est morte, alors que personne d’autre n’arrive à le faire, est extrêmement gratifiant. Et si transmettre mes connaissances à la prochaine génération de médecins est une grande responsabilité, c’est aussi tout un honneur. Au Canada, la pathologie judiciaire en est seulement à ses balbutiements — il y a encore tellement de choses à découvrir!

Je me serais décrite comme une personne qui :

Décrivez votre cheminement de carrière.

Au secondaire, je pensais devenir une chercheuse scientifique. Mes notes étaient bonnes, et j’adorais les activités pratiques. On m’a encouragée à présenter une demande d’admission en médecine. Mon parcours a été long : j’ai passé 10 ans à étudier la médecine, en comptant ma résidence et mes stages, avant de décrocher un « vrai » emploi. Et pendant toutes ces années, j’ai été entourée de merveilleux mentors et enseignants de confiance qui m’ont si bien guidée. Mais malgré tout ça, mon parcours n’a pas été facile. J’ai souvent pensé que je ne serais pas capable de finir mes quarts de nuit, sans parler de toutes ces années de formation! Ça m’a souvent paru comme l’escalade d’une montagne sans sommet. Mais, on le sait bien, en y allant un pas à la fois, on finit toujours par arriver au bout du chemin. Et alors, la vue est époustouflante!

Quelles activités aimez-vous faire en dehors du travail?

Hors du travail, je suis plutôt ennuyante — c’est ma fascinante carrière qui m’anime! Je suis toutefois ceinture noire au karaté, 2e degré, j’adore la course à pied, et j’aime beaucoup cuisiner. Et je suis bénévole : je fais du mentorat auprès des jeunes et je travaille dans la collectivité.

Quels conseils ou mots d’encouragement adresseriez-vous aux personnes qui souhaitent entreprendre une carrière semblable à la vôtre?

Mes conseils? N’ayez pas peur de parler aux gens, de tendre la main à ceux qui pourraient vous aider à vous hisser là où vous voulez vous rendre. Pensez à ce que vous voulez être dans cinq ans, dans dix ans. Les années passeront vite, utilisez-les intelligemment!

Parlons sciences reconnaît l’apport de Kona Williams et le remercie pour sa participation à l’initiative Canada 2067.

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Note biographique non disponible.







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