Justin Cembal - Ingénieur du son

Un auteur de CC
27 octobre 2017

Justin Cembal

Ingénieur du son

Je suis né/j’ai grandi à : À Toronto, en Ontario.

J’habite désormais : Toujours à Toronto.

J’ai complété ma formation ou mes études à : Je n’ai pas suivi un parcours d’études formelles. J’ai suivi un cours du soir de courte durée à l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario qui était en fait une introduction au design sonore. Ensuite, j’ai consacré énormément de temps à la recherche (100 heures par semaine pendant un an) et à des programmes de formation en ligne. Et j’ai fait appel à un mentor. Tous les jours, du matin au soir, j’essayais de faire et d’être ce que je voulais devenir. Chaque fois que je rencontrais un obstacle ou une embûche, j’apprenais à les surmonter, puis je continuais d’aller de l’avant. J’ai poursuivi mon parcours de cette façon, et c’est ainsi que j’ai acquis de la compétence. Apprendre, faire, échouer, et recommencer.

Décrivez votre travail.

En tant qu’ingénieur du son (aussi appelé concepteur du son ou mixeur de réenregistrements), je construis des environnements acoustiques qui reflètent les émotions évoquées dans des contenus vidéo. Mon travail varie donc de jour en jour, chaque film étant unique.

De façon générale, ma journée commence ainsi : un producteur ou réalisateur me remet le scénario et la vidéo sur lesquels nous allons travailler. J’importe les fichiers dans le logiciel que j’utilise pour réaliser les séquences de voix hors champ. Je prépare ensuite le studio pour l’acteur ou l’actrice qui fera la narration (voix off). Une fois le studio prêt, je rencontre la narratrice — supposons qu’il s’agit ici d’une femme — dans mon local, en compagnie du producteur (disons que c’est un homme). Ensemble, nous passons le scénario en revue et discutons des émotions qui devront être exprimées par l’actrice. Celle-ci s’installe ensuite au micro, dans la cabine d’enregistrement, et j’enregistre sa voix pendant qu’elle « joue » la scène, en synchronisme avec la vidéo, alors que le producteur et moi dirigeons sa performance, de manière à obtenir la meilleure prise que possible.

Lorsque nous sommes satisfaits du travail, on me laisse seul pour concevoir des effets sonores et des sons en arrière-plan et pour intégrer de la musique à la scène. Je mets ensuite tous ces éléments ensemble (c’est le mixage), je présente le tout au réalisateur ou producteur, puis je livre les fichiers. Tout au long de cette démarche, j’utilise une tonne de logiciels, d’instruments de mesure et de matériel, et parfois, des appareils qui me permettent d’obtenir des sons particuliers. Certains pourraient penser que mes seuls outils sont mes oreilles, mais c’est faux : je dois continuellement apprendre de nouvelles technologies ou des principes de physique pour arriver à transposer ce qui est dans mon imagination dans ce qui sortira des haut-parleurs.

J’aimais les domaines suivants :

Quels sont les impacts de votre travail sur la vie des gens?

Ce que j’aime le plus dans mon travail, ce sont les paysages sonores que j’arrive à créer. Lorsque les gens ressentent des émotions, c’est que j’ai bien fait mon travail. L’ingénieur du son doit posséder un certain savoir-faire artistique pour créer des environnements acoustiques qui restent discrets, qu’on ne remarque pas toujours. L’auditoire doit être submergé par l’expérience entière; les gens ne font pas que regarder quelque chose, qu’écouter — ils vivent quelque chose.

Qu’est-ce qui vous motive sur le plan professionnel?

Je me réveille tous les jours avant le déclenchement de mon réveille-matin. J’ai toujours hâte de concevoir et de façonner de nouvelles émotions par le son, ou de continuer de travailler sur un projet de longue haleine. Une des choses que je trouve particulièrement intéressantes à propos du travail de concepteur de son est le fait que les outils que j’utilise dans mon travail ressemblent aux instruments de tous les jours. Je dois toutefois utiliser et comprendre beaucoup de technologies, de principes de physique, et travailler avec des émotions… mes outils deviennent un prolongement de moi-même. La maîtrise absolue n’existe pas dans mon domaine — on apprend continuellement de nouvelles choses, on continue de s’améliorer. C’est une démarche perpétuelle vers l’expertise.

Les gens avec lesquels je travaille et les projets que j’ai le privilège de me voir confier sont toujours emplis de passion et de cœur. Il y a de l’intérêt à tous les tournants.

Étant d’abord et avant tout musicien (depuis près de 20 ans!), mon ouïe a l’habitude de distinguer les sons et de repérer les subtilités. Souvent, lorsque j’écoute de la musique ou que je regarde un film, je m’attarde particulièrement aux choix des musiciens et des ingénieurs derrière l’œuvre. Et parfois, je me vois imaginer ou espérer quelque chose qui, selon moi, manque à l’habillage sonore. Mais lorsque je suis aux commandes de telles créations, écouter — ressentir, en fait — le produit fini me procure une telle euphorie. Mes moments les plus enrichissants sont lorsque quelqu’un me dit qu’il a ressenti quelque chose en écoutant mes trucs.

Je me serais décrite comme une personne qui :

Décrivez le parcours que vous avez emprunté pour vous rendre où vous êtes sur le plan professionnel.

Au secondaire, je n’avais aucune idée de ce que je voulais devenir, de ce que je voulais faire; je ne pensais qu’à jouer de la batterie tous les soirs. Rien ne m’inspirait, je ne me voyais aboutir nulle part. Je ne savais pas qu’il existait tant d’options. Et je ne savais certainement pas, à l’époque, que tout était possible pour moi.

Ce n’est que relativement récemment, après avoir suivi un parcours conventionnel, que j’en suis venu à la postproduction audio. Lorsque j’ai appris que ce domaine pouvait devenir une carrière, j’ai utilisé toutes mes économies pour passer de directeur commercial à concepteur de son.

J’ai d’abord aménagé un tout petit studio chez moi, et j’ai essayé de recréer du son pour des contenus vidéo. Chaque fois que j’ai rencontré une difficulté, j’ai appris comment la surmonter, jusqu’à ce que j’en vienne à des produits finis satisfaisants. J’ai ensuite suivi un cours d’introduction au design sonore de courte durée, le soir, à l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario. Mais après ce programme, je ne possédais pas encore toutes les connaissances nécessaires pour faire de moi un concepteur sonore compétent. J’ai donc ciblé les meilleurs collèges et universités dans le domaine de l’ingénierie et de la postproduction audio, puis j’ai examiné la description des cours offerts. J’ai ensuite procédé à une analyse croisée de toute cette information et fait une liste de toutes les connaissances et compétences qu’il me fallait. Puis je me suis lancé : j’ai systématiquement étudié tous les contenus enseignés dans ces établissements, et j’ai donc appris moi-même le métier par le recours à une variété de plateformes et d’outils en ligne. Tout cela m’a pris près d’un an. J’ai ensuite fait appel à un mentor pour m’assurer que mes apprentissages s’appliquaient bel et bien au monde réel. Les connaissances pratiques de ce spécialiste du son m’ont certainement fait gagner quelques années dans ma jeune carrière.

Quelles activités faites-vous en dehors du travail?

Quand je ne suis pas au travail, je consacre tout mon temps à l’amour de ma vie. J’aime aussi la lecture, et composer et jouer de la musique. J’essaie de me perdre dans mes aventures tout en restant centré sur mes objectifs personnels.

Je m’estime chanceux d’avoir une carrière dans un domaine que je ne considère même pas comme du travail. Dans mes loisirs, je pense à mon travail avec le sourire. Je peux le dire : j’aime mon job. En fait, pour moi, il n’y a pas de « en dehors du travail », je me suis programmé de cette façon.

Quels conseils ou encouragements donneriez-vous à ceux qui veulent avoir une carrière semblable à la vôtre?

Le conseil que je donne à tous, c’est : déterminez ce que vous aimez, puis trouvez une façon de gagner votre vie dans ce domaine. Et si jamais vous vous dites « je ne peux rien faire », ajoutez les mots pour le moment à votre phrase.

Parlons sciences reconnaît l’apport de Justin Cembal et le remercie pour sa participation à l’initiative Canada 2067.

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Note biographique non disponible.







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