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Vous êtes-vous déjà demandé comment les bateaux naviguent à travers l’Arctique? Les eaux de l’Arctique sont recouvertes de glace durant toute l’année, n’est-ce pas?

Je n’avais aucune idée comment cela pouvait être possible – jusqu’à récemment. J’ai rencontré un jeune homme qui a eu l’opportunité de naviguer jusqu’au Pôle Nord sur un type de navire appelé un brise-glace. Le jeune homme m’a montré des données GPS montrent une latitude frôlant 89.9oN! C’est très près du Pôle Nord, qui est à une latitude de 90oN.

Le Pôle Nord n’est pas facilement atteignable durant l’hiver quand la glace est présente et à son épaisseur maximale annuelle. Ce jeune homme a tout de même réussi à y aller à la fin de l’été, au mois d’août 2016 dû à la fonte des glaces. La fonte des glaces survient naturellement durant l’été, mais a récemment augmenté en raison des changements climatiques. Elle amène des conséquences négatives qui peuvent avoir des impacts désastreux. Cela dit, elle peut créer de nouvelles opportunités pour la recherche scientifique et aussi créer des enjeux importants entourant les ressources naturelles et les frontières territoriales.

La fonte des glaces de l’Arctique

La glace dans l’Arctique est présente depuis des milliers d’années, voire des millions d’années. Cela dit, il y en a de moins en moins année après année. Selon la NASA, l’étendue de la glace des eaux de l’Arctique durant le mois de septembre est en diminution à un taux de 13.3% par décennie. Ces chiffres sont basés sur la moyenne mesurée entre 1980 et 2010. Malgré la diminution, les niveaux de glace augmentent et descendent chaque année. La plus faible étendue de glace enregistrée jusqu’à présent par les satellites de la NASA était en septembre 2012.

Le savais-tu? Si la tendance se maintient, les glaces de l’Arctique pourraient disparaître durant les étés, dans les prochaines décennies.

La tendance de la fonte des glaces observée aujourd’hui aura un impact sur les niveaux de la mer, les conditions océanographiques, et sur la température de la Terre. Tous ces changements auront potentiellement de sérieuses conséquences sur toutes les formes de vie sur la planète, incluant vous et moi.

Toutefois, moins de glace pourrait mener à plus de découvertes scientifiques dans l’Arctique. Il a toujours été difficile pour les scientifiques d’accéder l’Arctique, une région qu’ils ne comprennent pas complètement. Quand les humains ont essayé pour la première fois d’explorer cette région, ils ont eu beaucoup de difficultés en raison de l’importante épaisseur de la glace et de son étendue. Même les plus forts brise-glaces avaient de la misère à se frayer un passage. Maintenant, la fonte de cette épaisse couche de glace permet à des brise-glaces résistants d’atteindre des latitudes plus élevées. Là-haut, les scientifiques peuvent collecter de nouveaux échantillons d’eau, d’air et de sédiments. Ces échantillons peuvent les aider à mieux comprendre le passé et le futur de l’Arctique.

Le plateau continental

Moins de glace veut aussi dire un plus grand accès aux ressources naturelles trouvées en Arctique. Ceci apporte plusieurs problèmes géopolitiques, toutefois. Une partie importante dans cette discussion est le plateau continental. De manière générale, le plateau continental est la partie du continent qui se trouve sous l’océan, là où c’est très peu profond (entre 100 et 200 mètres de profondeur) et se termine par une pente très raide qui atteint le plancher et la croûte océanique.

Il est important pour le gouvernement canadien de savoir où le plateau continental canadien se termine pour qu’il puisse s’approprier le territoire et les ressources naturelles telles que le pétrole et le gaz qui se trouvent dans le continent sous les eaux de l’Arctique. Un pays peut revendiquer la terre à l’intérieur de la zone économique exclusive. Cette zone s’étend jusqu’à 200 milles nautiques de la terre. Cependant, un pays peut aussi revendiquer le territoire qui s’étend au-delà de cette zone s’il peut prouver que la terre est une extension naturelle de son propre plateau continental. Cela veut dire que plus de ressources naturelles pourraient être revendiquer en tant que propriétés canadiennes.

Pour cartographier le plateau continental, les personnes utilisent des navires très résistants équipés d’instruments appelés échosondeurs. Ces instruments émettent des ondes sonores et utilisent des fréquences hautes et basses pour déterminer les profondeurs des eaux et d’autres caractéristiques naturelles du plancher océanique telles que les rides et les volcans. Les navires canadiens équipés de ces échosondeurs, tels le Louis St-Laurent de l’expédition polaire Canada-Suède 2016, ont déjà commencé à sonder les eaux Arctiques pour cartographier et étudier le plateau continental canadien.

En tant que géologue de formation, je trouve cette application de la science particulièrement intéressante. C’est un excellent exemple du lien entre les sciences et d’autres aspects de la vie, comme la politique.

Programme “Étudiants sur la glace”

L'Arctique n’est plus seulement pour les scientifiques expérimentés. Par exemple, le programme « Students on Ice » (Étudiants sur la glace) a permis à plusieurs jeunes adultes de réaliser leurs rêves de visiter l’Arctique. Les programmes de ce genre donnent la chance aux jeunes d’apprendre beaucoup sur l’Arctique et sur le type de recherche qui se fait ici. La science permet aux explorateurs de tous les âges de découvrir l’inconnu!

En apprendre davantage

Le réchauffement de l'Arctique plus rapide et plus dévastateur que prévu (2017)
McDiarmid, Radio-Canada

Expédition Polaire Canada-Suède 2016 (2016)
Gouvernement du Canada

Le Louis S. St-Laurent en Arctique pour une mission scientifique des Nations Unies (2016)
Radio-Canada

Climat, Une enquête aux pôles
CNRS

Audrey Le Pioufle

My name is Audrey and I am a geoscientist-by-training. Since my childhood, I’ve always been attracted to nature and rocks. To realize my longtime dream of becoming an Earth Scientist, I first completed a B.Sc. in Geology in 2009 at the Université du Québec à Montréal in Québec. In 2010, I pursued a M.Sc. in experimental petrology at the University of Victoria, in British Columbia, in a pursuit of accomplishment; however, when I graduated my curiosity was yet to be completely fulfilled. At that time, I realized that learning was in fact a primary component of my personal development. I am now pursuing a PhD degree in Earth sciences at the Institut National de la Recherche Scientifique (INRS) in Québec City. I hope, through my life experiences, to share my passion for sciences.

Je m'appelle Audrey et je suis une géoscientifique de formation. Depuis mon enfance, j'ai toujours été attiré par la nature et les roches. Pour réaliser mon rêve de devenir spécialiste en sciences de la Terre, j'ai obtenu mon premier baccalauréat ès sciences en géologie en 2009 à l'Université du Québec à Montréal. En 2010, j'ai obtenu une maîtrise ès sciences en pétrologie expérimentale à l'Université de Victoria, en Colombie-Britannique, dans le but de parfaire mes connaissances et satisfaire ma curiosité; toutefois, lorsque j'ai obtenu mon diplôme, ma curiosité n'était pas encore pleinement comblée. J'ai réalisé à ce moment que l'apprentissage était en fait une composante primaire de mon épanouissement personnel. Je réalise présentement un doctorat en sciences de la Terre à l'Institut National de la Recherche Scientifique (INRS) à Québec. J'espère, à travers mes expériences de vie, partager et transmettre ma passion pour les sciences.








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