Fais-tu du recyclage ou du compost? Éteins-tu les lumières en quittant une salle? Si oui, tu favorises la durabilité. Autrement dit, tu reconnais que les ressources naturelles sont limitées et tu veux assurer la santé de la planète à long terme.

Traditionnellement, en fabriquant des plastiques, des pesticides ou des médicaments, les chimistes se sont concentrés sur l’utilité des produits. Ils n’ont pas nécessairement réfléchi à la durabilité. En fait, beaucoup de ces produits (et les procédés qu’on tilise pour les créer) se sont avérés très nocifs pour l’environnement! C’est pourquoi le domaine de la chimie verte s’est développé au cours des 30 dernières années.

La chimie verte aide les chimistes à examiner la durabilité et les impacts environnementaux des produits et des procédés chimiques artificiels. Ainsi, on réfléchit aux impacts d’un produit chimique au laboratoire, au site d’élimination et dans le milieu où il est utilisé. Les 12 principes de la chimie verte offrent un moyen d’évaluer ces impacts. Examinons trois de ces principes en détail.

Prévention

En fait, on peut appliquer ce principe dans plusieurs sphères de la vie et pas uniquement en laboratoire. Il correspond notamment au premier des trois R : réduire. Certes, il est important d’éliminer les déchets de façon appropriée. Mais il est encore mieux d’éviter de produire autant de déchets en premier lieu. Dans ta vie quotidienne, tu pourrais appliquer ce principe en essayant de produire moins de déchets domestiques. Les chimistes l’appliquent en essayant de produire moins de déchets chimiques.

Prenons l’exemple d’une voiture. Crois-le ou non, les voitures produisent des déchets. À l’intérieur du moteur, le carburant, mélangé avec l’oxygène de l’air, brûle. Ce processus de combustion produit l’énergie nécessaire au déplacement de la voiture. Mais il crée également des sous-produits nocifs. Par exemple, le monoxyde de carbone est toxique, alors que les COV et les NOx contribuent au smog, qui peut causer des maladies respiratoires. Si on n’élimine pas ces sous-produits de la combustion, ils sont émis dans les gaz d’échappement.

Heureusement, les voitures sont munies d’une technologie qui atténue ce problème. Pendant que le moteur tourne et avant que ces polluants sortent par le tuyau d’échappement, des convertisseurs catalytiques favorisent des réactions chimiques qui les transforment en molécules moins nocives comme l’oxygène (O2), l’azote (N2), le dioxyde de carbone (CO2) et l’eau (H2O).

Le savais-tu? Le mot « smog » est une contraction des mots anglais « smoke » et « fog ». En effet, le smog ressemble à un mélange de fumée et de brouillard!

Économie d’atomes

Imagine que tu fais des biscuits. La recette dit d’utiliser une tasse de farine, mais tu en sors deux tasses du sac. Tu finis par mettre une tasse dans le bol et l’autre tasse dans la poubelle. Quel gaspillage!

Malheureusement, ce type de gaspillage peut se produire lorsque les chimistes fabriquent divers produits par réaction chimique. En examinant l’économie d’atomes, les chimistes verts cherchent à réduire la quantité de matière première utilisée pour créer le produit final.

Idéalement, les produits devraient avoir une économie d’atomes élevée. Ainsi, dans la mesure du possible, tous les ingrédients ajoutés lors d’un procédé chimique sont nécessaires à la création du produit final.

Catalyse

Un catalyseur est une substance qui aide à amorcer ou à accélérer une réaction chimique. L’emploi des catalyseurs peut réduire les déchets ou augmenter l’économie d’atomes.

Prenons l’exemple du convertisseur catalytique, présenté ci-dessus. Comme son nom l’indique, le convertisseur contient un catalyseur. Celui-ci amorce la réaction qui convertit une partie des gaz toxiques en gaz moins nocifs.

Le plus beau dans l’histoire, c’est que les catalyseurs ne sont pas épuisés au cours d’une réaction chimique! Ainsi, on peut les réutiliser et on n’a pas besoin de les remplacer.

Le savais-tu? En 2001 et 2005, le prix Nobel de chimie a été décerné à des chimistes qui ont conçu des réactions plus efficaces. Ainsi, ces chimistes ont réalisé un des principaux objectifs de la chimie verte.

Des applications pratiques des principes de la chimie verte

En respectant les principes de la chimie verte, les chimistes peuvent rendre certains produits d’usage courant moins nocifs pour l’environnement. Par ailleurs, les fabricants peuvent réaliser des économies importantes, puisque la chimie verte prône des procédés plus efficaces qui gaspillent moins de matériaux, qui utilisent moins d’énergie et qui produisent moins de déchets dangereux à éliminer!

Le savais-tu? Un exemple de chimie verte se trouve peut-être dans ton armoire à pharmacie : l’ibuprofène (la substance active dans Advil et Motrin). Avant les années 1990, la méthode qu’on utilisait pour fabriquer l’ibuprofène était inefficace et entraînait beaucoup de gaspillage. Mais une entreprise pharmaceutique a mis au point un nouveau procédé en appliquant les trois principes décrits ci-dessus. En reconnaissance de sa contribution au domaine de la chimie verte, cette entreprise a reçu un prix du président américain en 1997.

La chimie verte vise la durabilité. Même si tu n’es pas un chimiste vert, tu peux quand même suivre des pratiques durables dans ta vie quotidienne! Par exemple :

  • Tu peux réduire les déchets.
  • Tu peux faire du recyclage ou du compost autant que possible.
  • Tu peux éliminer les déchets nocifs de façon appropriée, par exemple en recyclant les piles et les appareils électroniques aux endroits désignés. Tu peux également retourner les médicaments non utilisés à la pharmacie au lieu de les jeter.
  • Tu peux réduire la consommation d’énergie à la maison en éteignant les lumières et en débranchant les appareils électroniques lorsque tu ne les utilises pas.

Enfin, les choix que tu fais en tant que consommateur peuvent avoir un grand impact. Achète des produits sans emballage superflu, moins nocifs pour l’environnement et fabriqués dans une optique de durabilité!

Parlons-en!

  • Au cours de la dernière semaine, combien de mesures as-tu prises pour favoriser la durabilité?

En apprendre davantage!

Chimie verte (2006)
Académie Montpelier

Chimie organique verte – Introduction générale<
T. Ollevier, Université Laval

Les douze principes de la chimie verte
UNESCO

Rachel Hems

Rachel Hems

Originally from a small town in southern Ontario, called Palgrave, I moved away and studied chemistry at the University of Guelph. After some opportunities to do research as an undergraduate, I found a passion for environmental and analytical chemistry. I am now a PhD candidate in atmospheric chemistry at the University of Toronto, where I study chemical reactions that occur in the atmosphere that relate to climate and human health, and the role that clouds play on the types of reactions that can take place. I am also fascinated by astronomy and try to learn as much as I can about our universe!

Je suis originaire de Palgrave, une petite ville du sud de l’Ontario. Dans le cadre de mon baccalauréat, j’ai pu faire de la recherche en chimie à l’Université de Guelph. Ainsi, j’ai découvert une passion pour la chimie analytique et la chimie de l’environnement. Je suis maintenant en train de faire un doctorat en chimie atmosphérique à l’Université de Toronto. J’étudie des réactions chimiques qui se produisent dans l’atmosphère et qui influencent le climat et la santé humaine. Notamment, j’analyse la façon dont les nuages déterminent les types de réactions qui se produisent. Je suis également captivée par l’astronomie. J’essaie d’en apprendre le plus possible sur l’univers!