Ci-dessus: Image © shazku, iStockPhoto.com

Imagine une forêt pleine d’arbres. Chaque arbre se dresse, solitaire, avec son propre tronc, ses propres branches et ses propres feuilles.

Mais savais-tu que les arbres sont reliés par un vaste réseau souterrain?

De quoi se compose donc ce réseau? De champignons! D’après les scientifiques, presque toutes les espèces végétales entretiennent des relations avec les champignons vivant dans le sol. Ces champignons peuvent relier les racines de différents arbres (et d’autres plantes) pour créer ce qu’on appelle un réseau mycorhizien.

Ce réseau peut influencer la survie, la croissance, la santé et le comportement des arbres qui y sont liés. De plus, les arbres utilisent le réseau pour communiquer et pour partager des ressources. Certains scientifiques l’appellent donc « l’Internet des arbres ».

Fonctionnement du réseau de champignons

De nombreux types de champignons poussent principalement sous la surface du sol, où ils déploient des filaments qu’on appelle des hyphes. Ensemble, ces filaments forment un réseau appelé un mycélium. Les filaments peuvent coloniser (vivre parmi) les racines d’arbres et d’autres plantes.

Les champignons et les arbres vivent en symbiose, une relation dont bénéficient les deux organismes. Les arbres produisent de la nourriture, sous forme de sucre, par photosynthèse. Ils partagent ce sucre avec les champignons. En contrepartie, les champignons partagent avec les arbres des nutriments qu’ils tirent du sol.

Le savais-tu? Les scientifiques pensent qu’environ 90 % des espèces végétales entretiennent des relations mycorhiziennes avec les champignons.

Partage de ressources

Les champignons ne sont pas les seuls organismes à partager des ressources avec les arbres. Les arbres partagent aussi des ressources entre eux! Ils se servent des hyphes de champignons comme moyen de transport. Par exemple, les semis (les jeunes plants) qui se trouvent à l’ombre ne peuvent pas pousser très rapidement, car ils tirent leur énergie de la lumière. Mais les grands arbres peuvent leur donner un coup de pouce en partageant des nutriments par les hyphes de champignons.

Le savais-tu? Il y a deux façons dont les hyphes de champignons peuvent interagir avec les racines d’arbres. Dans un réseau ectomycorhizien, les hyphes s’insèrent entre les cellules des racines autour desquelles ils s’enroulent. Dans un réseau endomycorhizien, les hyphes pénètrent à l’intérieur des cellules en perçant les racines.

De plus, les arbres partagent des nutriments en période d’abondance et en reçoivent en période de difficulté. Par exemple, une étude porte sur les relations que peuvent entretenir le sapin de Douglas (un conifère) et le bouleau à papier (un arbre à feuilles caduques). En été, quand ses feuilles poussent, le bouleau à papier possède d’abondantes ressources. Ainsi, il partage des nutriments avec le sapin de Douglas. En hiver, le bouleau à papier a perdu ses feuilles, mais le sapin de Douglas a encore ses aiguilles. À son tour, le sapin de Douglas partage des éléments nutritifs avec le bouleau à papier.

Il peut toutefois y avoir un côté sombre à ce partage de ressources. Certaines plantes profitent de la générosité des autres sans rien donner en retour. Par exemple, il y a des espèces d’orchidées qui n’effectuent aucune photosynthèse. Elles volent tous les nutriments dont elles ont besoin aux plantes avoisinantes!

Manœuvres défensives

Les maladies et les infestations d’insectes peuvent se propager rapidement dans une forêt. Et elles peuvent être mortelles pour les arbres! Des études montrent que les arbres peuvent se servir du réseau de champignons pour aider leurs voisins en cas d’attaque. Par exemple, lorsqu’un arbre est attaqué, il libère certaines substances chimiques. Celles-ci traversent le réseau de champignons et préviennent les autres arbres du danger. Ce système d’alerte précoce permet aux autres arbres de mieux se protéger.

Une étude démontre que des arbres affaiblis peuvent même transmettre des ressources à leurs voisins avant de mourir. Ainsi, les arbres bénéficiaires sont mieux équipés pour lutter contre la maladie ou l’infestation.

Aide intergénérationnelle

Les forêts sont constituées d’arbres d’âges différents. On appelle les plus grands et les plus vieux des arbres-mères. Ce sont généralement les arbres les mieux intégrés au réseau de champignons. Les arbres-mères nourrissent leur progéniture en partageant des nutriments dont les jeunes arbres ont besoin pour bien pousser.

Par ailleurs, les arbres peuvent se servir du réseau de champignons pour freiner la croissance de voisins indésirables. Ainsi, ils transmettent des substances toxiques qui ralentissent la croissance des concurrents.

Santé des forêts

Les arbres se servent du réseau de champignons de la même façon que les humains se servent de l’Internet : pour communiquer et acquérir des connaissances! Une forêt en santé est une forêt bien branchée à l’Internet des arbres et qui comprend beaucoup d’arbres-mères. Une telle forêt peut mieux se défendre contre des menaces imprévues, comme la coupe d’arbres par les humains.

En fait, les nouvelles connaissances sur les réseaux de champignons peuvent aider à mettre sur pied des pratiques forestières plus durables. Par exemple, pour les raisons données plus haut, les bûcherons devraient éviter de récolter les arbres-mères. Et ils devraient donner aux arbres mourants le temps de libérer leurs nutriments avant de les abattre.  

La prochaine fois que tu te promèneras dans les bois, pense à tous les messages qui s’échangent sous tes pieds! 

Beverly McClenaghan

I have always loved animals and nature. This led me to pursue an undergraduate degree in zoology at the University of Guelph followed by a Master’s degree at Trent University studying avian ecology and conservation. Currently, I am working for a conservation organization in St John’s, Newfoundland. I am working in policy and outreach, which is teaching me a lot about the economic, cultural, and social side of conservation as well as the biology of conservation. Outside of work, I am an avid birdwatcher, rock climber, and hiker. I love sharing my passion for nature with others!

J’ai toujours aimé les animaux et la nature. C’est ce qui m’a menée à l’obtention d’un baccalauréat en zoologie de l’Université de Guelph, puis d’une maîtrise en écologie et conservation aviaires de l’Université Trent. Je travaille actuellement pour un organisme de conservation à St John’s, Terre-Neuve-et-Labrador. Je travaille dans les domaines de la politique et de la sensibilisation, ce qui me permet d’en apprendre beaucoup sur les aspects économique, culturel, social et biologique de la conservation. Dans mon temps libre, j’aime observer les oiseaux, faire de l’escalade et partir en randonnée. J’adore partager ma passion pour la nature avec les autres!