Modification du génome. Technique de pointe ou cauchemar éthique?

Behnoush Hassanzadeh
21 novembre 2018

Ci-dessus: Image © a_crotty,iStockPhoto.com

Me croirais-tu si je te disais que les scientifiques sont capables de changer certains traits d’un enfant à naître, comme la couleur des yeux? Ou d’éliminer toute probabilité que l’enfant développe une maladie génétique au cours de sa vie? 

La modification du génome ou la manipulation des gènes est un domaine génétique en pleine évolution. Par exemple, une technique appelée CRISPR permet de trouver la séquence d’ADN responsable d’un trait indésirable et de réparer cette séquence, ou bien de la remplacer par une autre.

Bien que ces techniques en soient encore au stade de la recherche, elles permettent déjà de modifier les génomes de divers organismes vivants, ce qui pourrait présenter de grands avantages. Par exemple, on pourrait manipuler les gènes d’une plante afin qu’elle devienne plus nutritive. On pourrait manipuler les gènes d’un animal afin qu’il résiste mieux aux maladies. Enfin, on pourrait manipuler les gènes d’un être humain afin qu’il ne transmette pas une maladie héréditaire à ses enfants.

Toutefois, la modification du génome demeure un sujet très controversé. Notamment, elle soulève des questions éthiques importantes.

La manipulation des gènes permet d’apporter des modifications permanentes aux embryons. Comme indiqué plus haut, les scientifiques pourraient éliminer certaines maladies héréditaires. Mais ils pourraient aussi changer la couleur des cheveux, la couleur des yeux ou la taille de l’enfant. Bref, ils pourraient créer un enfant selon les souhaits des futurs parents. Il s’agit d’une préoccupation majeure pour de nombreuses personnes qui travaillent dans le domaine.

Voici  soulevées par la manipulation des gènes :

l y a un risque élavé d’erreurs lors de la modification du génome. Ces erreurs peuvent avoir des conséquences dévastatrices. Par exemple, un chercheur qui supprime un gène par accident pourrait causer des anomalies de développement chez le fœtus.

Une fois qu’une technologie devient disponible, il peut être difficile de surveiller son utilisation. Cela pourrait nous engager sur une . Par exemple, les futurs parents pourraient utiliser la modification du génome à des fins douteuses. Ouvre-t-on la porte au sexisme si les parents peuvent choisir le sexe de leurs enfants? Ouvre-t-on la porte au racisme si les parents peuvent choisir des traits associés aux groupes ethniques qu’ils trouvent plus attrayants?

Cette technologie pourrait être extrêmement coûteuse. Ainsi, seulement certaines personnes pourraient se la permettre.

Cependant, il y a aussi des réponses à ces préoccupations.

En ce qui concerne la sécurité et les risques d’erreurs, il faut reconnaître que rien dans le monde de la science expérimentale n’est entièrement sécuritaire. La question n’est pas de savoir si cette technologie est sécuritaire, mais plutôt de savoir si elle est assez sécuritaire pour poursuivre son développement. N’oublie pas que la manipulation des gènes pourrait aider les scientifiques à diagnostiquer ou à éradiquer les maladies. Les personnes qui travaillent dans le domaine et les agences gouvernementales qui financent la recherche doivent décider si de tels avantages justifient les risques associés à la modification du génome.

Le problème de la pente glissante semble plus difficile à résoudre. À un certain moment, il devient impossible de faire la différence entre la correction d’un problème et une intervention inutile ou contraire à l’éthique. J’encourage donc les futurs scientifiques à réfléchir aux questions éthiques entourant la modification du génome et aux conséquences possibles de cette technologie. Penses-tu que les avantages compensent les risques?

Le savais-tu? Actuellement, la loi canadienne interdit toute modification du génome d’un enfant à naître qui serait transmise aux enfants de cet enfant. Cela veut dire que les scientifiques peuvent manipuler les gènes pour prévenir une maladie, mais pas pour changer la couleur des yeux ou la taille de l’enfant.

Parlons-en!

  • Quels avantages pourrais-tu tirer des techniques de manipulation des gènes si tu étais un cultivateur ou un éleveur de bétail? La manipulation du génome pourrait-elle aussi poser des difficultés aux personnes qui travaillent dans le secteur agricole?
  • Si tu pouvais manipuler les gènes de tes futurs enfants, le ferais-tu? Quels traits chercherais-tu à modifier?
  • Les régimes de santé financés par le gouvernement devraient-ils couvrir le coût de la modification du génome? Pourquoi ou pourquoi pas?
  • Penses-tu que les avantages potentiels de la manipulation des gènes compensent les dangers associés à une utilisation inappropriée de cette technologie?

Behnoush Hassanzadeh

I am a third year Biomedical Science student at York University. As a third year student, the main focus of my studies is understanding the molecular aspects of biological and medical research and the impact of new methodologies on the future of the field of biology. Additionally, I am very interested in molecular genetics and its potential positive effects on the future of medicine.  

Je poursuis un baccalauréat en sciences biomédicales à l’Université York. Je suis maintenant en troisième année et mes études portent principalement sur l’aspect moléculaire de la recherche biomédicale et sur les techniques émergentes en biologie. La génétique moléculaire m’intéresse aussi, notamment les façons dont elle pourrait contribuer au domaine de la médecine. 







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